Les 6 questions à vous poser pour construire une communication éthique

Les 6 questions à vous poser pour construire une communication éthique


Vous êtes propriétaire d’une boutique de produits bios, durables ou écologiques. 

Pour développer votre clientèle et votre activité, vous pratiquez la communication et le marketing.

Mais vous le savez probablement : il y a différentes manières de communiquer. Et certaines sont plus éthiques et responsables que d’autres !

Pour aligner la raison d’être de votre magasin et sa stratégie de communication, nous vous proposons aujourd’hui une liste de 6 questions à vous poser.

Nous ne vous donnerons volontairement pas de réponses définitives à ces questions. Notre objectif est d’initier votre réflexion !

Définitions : communication éthique, responsable, durable…

Commençons par définir le sujet.

De nombreux qualificatifs peuvent être utilisés pour la communication.

Voici la définition que nous en donnons dans le cadre de cet article :

  • communication éthique : l’éthique renvoie nécessairement à des valeurs. Pour communiquer éthiquement, il faut que votre magasin ait clairement défini ses valeurs (dans une Charte des Valeurs, par exemple) et que chaque acte de communication soit passé au crible de ces valeurs.

  • communication responsable : ce type de communication s’inscrit dans la responsabilité de l’entreprise de manière générale (on peut faire le lien avec la RSE, Responsabilité Sociétale des Entreprises). On trouvera donc ici des notions de responsabilité sociale, d’impact des messages diffusés sur la société, de respect de la diversité culturelle et ethnique, etc.

  • communication durable ou écologique : enfin, la communication durable a pour objectif de protéger l’environnement. Elle agit sur le fond (en luttant contre le greenwashing, par exemple) et sur la forme (en privilégiant des actions de communication ciblées et en n’utilisant pas, ou peu, des formats hautement polluants, comme la vidéo).

Nous voulons insister sur le fait que c’est à vous, en conscience et sur base de vos valeurs, et de votre éthique personnelle, de définir votre communication.

Les 6 questions pratiques à se poser

Dans cette partie, nous sortons de la théorie et entrons dans le vif du sujet. Les questions qui suivent concernent spécifiquement la communication d’un petit commerce.

Question 1 : Quelle est la finalité de mes actions de communication ?

Cette première question est fondamentale. Elle vous amène à définir la raison d’être de votre activité, ce qui vous pousse à agir et vous motive au quotidien.

Si vous ouvrez une boutique de produits durables pour aider à sauver la planète et les générations futures, il est probablement acceptable de faire quelques compromis sur votre communication (utiliser le format vidéo, par exemple). Après tout, vous le faites pour la bonne cause !

Si vous avez lancé une boutique dans le but principal de gagner beaucoup d’argent, faire des compromis sur votre communication est toujours possible, mais n’est résolument plus très éthique.

Question 2 : Faut-il utiliser Facebook et les réseaux sociaux ?

L’une des premières questions qui apparaît lorsqu’on parle de communication éthique, c’est Facebook !

Ce réseau social est à la fois omniprésent (avec plus de 2 milliards d’utilisateurs dans le monde) et très décrié pour ses pratiques douteuses :

  • insuffisante protection des données personnelles, avec plusieurs scandales de pertes de données,

  • manque de modération du réseau social, avec la diffusion croissante de “fake news” et autres théories du complot farfelues,

  • manque criant de protection des plus jeunes, poussés pour certains à la dépression, voire au suicide, du fait de l’impact du réseau sur leur image corporelle (pression forte à se conformer à des critères de beauté inatteignables et indésirables) et leur adaptation sociale.

Et pourtant, beaucoup de vos clients sont présents sur Facebook et s’y connectent de manière régulière. Alors, que faire ?

3 postures peuvent être envisagées :

  1. ne pas être présent sur Facebook (et les réseaux sociaux) du tout. Cela impacte négativement votre capacité à communiquer, mais évite de cautionner les GAFA.

  2. être présent sur Facebook en ayant une page pour votre boutique et en diffusant des posts et informations, en mode gratuit.

  3. être présent sur Facebook et utiliser la régie publicitaire Facebook Ads, pour augmenter la visibilité de vos publications. Cela passe par le fait de donner de l’argent à l’entreprise Facebook.

La plupart des petits commerces adoptent la deuxième posture, pour des raisons éthiques ainsi qu’économiques (budget publicitaire limité).

Question 3 : Faut-il imprimer et distribuer des flyers ?

Une autre interrogation fréquente et très concrète : faut-il imprimer des flyers, sachant qu’il s’agit d’un déchet papier ?

Il est utile ici de rappeler qu’il vous est possible de faire imprimer vos flyers :

  • sur papier recyclé,

  • avec des encres végétales,

  • auprès d’un imprimeur local, soutenant ainsi l’emploi local.

Il faut aussi savoir que le flyer constitue certes un déchet physique, bien réel et visible.

Mais la communication sur les réseaux sociaux et sur Internet en général constitue aussi une vraie pollution. Elle est tout simplement moins visible.

La liste des dommages environnementaux causés par le numérique est importante :

  • consommation d'électricité,

  • production et gestion du recyclage des matériels et data centers,

  • émissions de gaz à effet de serre.

La décision vous revient, à nouveau :)

Question 4 : Quelle stratégie marketing adopter ?

Si vous ne connaissez pas l’Inbound Marketing, qui est un cousin proche du Marketing de Contenus, je vous invite à découvrir ces concepts.

Le Marketing de Contenus est en effet responsable et, s’il est bien pratiqué, peut être durable.

Son principe est simple : créer et diffuser des contenus intéressants et utiles pour votre clientèle.

Un magasin de produits alimentaires bios pourra par exemple diffuser chaque semaine une recette de cuisine végétarienne, pour inciter ses clients à venir en boutique et en même temps diffuser de bonnes pratiques alimentaires.

Ce type de marketing cherche à aider le client, plutôt qu’à l’agresser avec du contenu purement promotionnel.

Question 5 : Faut-il mettre en avant mes actions RSE ?

Vous agissez pour l’environnement ou pour votre communauté locale. Par exemple, en participant à des événements locaux de protection de la nature, ou en soutenant des associations culturelles de votre ville.

Faut-il se “vanter” de ces actions et communiquer dessus ?

A nouveau, vous êtes seul décisionnaire. Mais sachez que la RSE inclut la communication sur les actions RSE entreprises. La raison est simple : les bonnes pratiques sociétales ne peuvent se diffuser et se faire connaître du grand public que si les entreprises communiquent sur leurs actions.

Attention toutefois, communiquer sur une action de greenwashing est totalement contreproductif !

Question 6 : Faut-il faire de la vidéo ?

Enfin, abordons la question des formats de vos contenus marketing.

Tous ne se valent pas en termes d’impact écologique.

La vidéo représente aujourd’hui 60% des flux de données à l’échelle mondiale.

Si vous réalisez et diffusez une vidéo toutes les semaines sur votre page Facebook et votre chaîne Youtube, vous participez à une pollution importante !

D’un autre côté, l’impact marketing de la vidéo est significatif, c’est un format très apprécié par les internautes en général, et particulièrement par les nouvelles générations ! S’en détourner complètement est probablement dommage.

Mais réduire le nombre de vidéos produites et diffusées est un acte responsable pour la planète ! Concrètement : une vidéo de grande qualité par mois vaut peut-être mieux qu’une vidéo moins bien réalisée par jour :)


Article rédigé par Mathieu Maréchal.

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